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L’élaboration d’un programme d’amélioration progressive.
La conception et la réalisation des tracés neufs à 2x2 voies ne constituent pas le seul objet d’application du projet route durable. L’intérêt de la RN88 est d’offrir une large palette de possibilité d’expérimentation puisque les différents tronçons de l’itinéraire se trouvent dans des contextes très variés.
Parallèlement à l’exigence de voir se réaliser rapidement les priorités d’aménagement définies dans la charte, au premier rang desquelles les contournements des agglomérations, le Syndicat souhaite définir un programme global d’amélioration de l’itinéraire, permettant d’améliorer le niveau de service sur les sections où la mise à 2x2 voies n’est pas envisagée à court terme.
De multiples champs à approfondir.
La modernisation de la RN88 peut devenir une plate-forme privilégiée pour expérimenter et évaluer les divers champs concourant au développement durable :
Développement local
Innovations
Participation, gouvernance et évaluation
Une mise en œuvre engagée : un premier bilan encourageant
Une conception routière optimisée
Le projet route durable propose d’introduire des degrés de liberté dans la conception de la route par rapport aux normes routières en vigueur pour une 2X2 voies (caractéristiques techniques, vitesse...). L’objectif est de trouver un meilleur compromis entre les objectifs de moindre impact environnemental, d’amélioration du service routier et de maîtrise des coûts de réalisation.
En appliquant ce principe sur la conception de la route sur la section A75-Le Puy en Velay, le projet a vu son coût optimisé de près de 40% par rapport à une première solution étudiée en 1997. La conduite des études de tracé a intégré les enjeux environnementaux dès l’amont, au lieu de les reporter en aval, par la seule réalisation d'études d'impact. Une large concertation a été conduite avec les acteurs locaux, notamment les associations de défense de l’environnement afin de co-construire le projet et de favoriser son ancrage et son acceptation locales.
Une meilleure articulation route et développement
Le projet route durable repose sur l’idée que la route doit être pensée comme un levier au service du développement durable des territoires qu’elle dessert et non comme une simple infrastructure de déplacement. Les collectivités riveraines de l’itinéraire RN88 et l’Etat se sont donc engagés dans un programme de développement associé à la route :
Depuis sa création en 1991, le Syndicat s'est battu pour obtenir plus de financements sur l'axe Toulouse-Lyon, dans l'objectif d'accélérer la réalisation de la mise à 2x2 voies de cet itinéraire.
Ce combat a globalement porté ses fruits car aujourd'hui
L'axe est après la RCEA, l'itinéraire national le mieux doté en financement dans les contrats de plan.
L'axe est clairement identifié dans les schémas de services comme un itinéraire complémentaire du maillage routier national et participant à l'aménagement des territoires desservis
La position de
l'Etat sur le principe d'un aménagement progressif à terme à
2x2 voies est confirmé. Néanmoins, les investissements nécessaires
pour réaliser l'ensemble de l'itinéraire ne pourront être
obtenus que sur plusieurs contrats de plans.
Cette perspective est d'autant plus incontournable que la politique nationale de transport ne repose plus sur un développement important des infrastructures routières. Partant de ce principe de réalité et d'une volonté réaffirmée de voir le projet avancer, le Syndicat s'est appuyé sur différents constats pour redéfinir sa stratégie vis à vis des services de l'Etat :
Le décalage entre les inscriptions financières, notamment dans le dernier contrat de plan et la réelle consommation des crédits est important. Le taux global est de 60% avec des disparités fortes entre les régions.
La montée en puissance des préoccupations environnementales, souvent mal intégrée ou prise en compte dans les projets a conduit à l'annulation ou pour le moins à des retards significatifs de DUP.
Le mode de gestion des projets, très morcelé (7 DDE et 4 DRE concernées), renforce l'hétérogénéité de l'itinéraire, qui se présente comme une succession de tronçons, sans cohérence d'aménagement.
Confronté à ces problèmes de financements,
au renforcement des écarts dans le niveau de service rendu par
l'itinéraire entre les sections situées en zone urbaine
(contournements d'agglomération) et les sections en zone rurale
ou naturelle, le Syndicat a décidé de proposer à
l'Etat une approche nouvelle, visant à
Optimiser l'utilisation des montants programmés dans les contrats de plan.
Trouver une souplesse dans la conception même du projet routier, qui soit génératrice d'économie tout en garantissant un niveau de service qualitatif.
Privilégier, chaque fois que possible l'appui sur le réseau existant, dans une logique d'économie des ressources patrimoniales.
Intégrer dans la définition du projet routier des objectifs à satisfaire, spécifiques et adaptés aux enjeux de développement des territoires concernés.
La RN 88 a ainsi été reconnue comme un projet pilote en France pour conduire une expérimentation, qui à terme pourrait être appliquée à d'autres routes et ainsi faire école.
Cette démarche constitue, enfin, pour la RN 88 une
opportunité de générer de nouveaux financements.